Paramètres et techniques de l'harmonisation

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Il existe de nombreuses manières d'aborder l'harmonisation des orgues. En essayant de comprendre les styles anciens, j'ai été amené à expérimenter différentes techniques, qui permettent de varier les paramètres du son en fonction de la musique qu'on veut jouer. Toutes les idées exposées ci-dessous doivent être considérées comme mon point de vue personnel et subjectif sur la question. Pour commencer, je ne parlerai que les tuyaux métalliques à bouche, qui sont les plus nombreux. On trouvera un petit commentaire sur les tuyaux en bois et les anches à la page 6.

On peut distinguer cinq paramètres qui influencent le son:
1) le matériau,
2) le réglage du vent et sa pression,
3) les mesures,
4) les hauteurs de bouches,
5) le traitement du biseau.

1) Le matériau

Dans le cas des tuyaux en métal, l'influence du matériau sur le son se limite au choix de faire des tuyaux en plomb ou de le mélanger avec de l'étain. Plus il y a d'étain, plus le son est clair, avec des harmoniques aigus. Le choix est essentiellement dicté par les styles, qui suivaient des habitudes nationales. En Allemagne du Nord, tout est en plomb, et dans le Sud il y a plus d'étain. En Italie, les tuyaux étaient en plomb, sauf la façade. En Espagne il y a beaucoup d'étain. En France, il y avait des tuyaux en plomb dans les orgues très anciens, et ils les ont tous enlevés par la suite, parce qu'ils disaient que le plomb s'oxyde. G. Silbermann dit ça aussi. Dans les régions où on a arrêté d'utiliser le plomb, la raison majeure était donc l'oxydation, et pas tellement la sonorité. Dans les pays où on a gardé le plomb, on avait sans doute des habitudes de travail différentes qui faisaient que le plomb s'oxydait moins, mais ce n'est vraiment pas très clair. Par exemple, il y a en Allemagne du Nord des orgues avec des tuyaux en plomb qui se sont mis à oxyder seulement depuis quelques années, et on ne sait pas pourquoi. C'est peut-être lié à la pollution, ou à des restaurations utilisant du chêne non flotté (c'est à dire trempé dans l'eau pour enlever le tanin, comme on le faisait dans le passé). Dans le Nord, on n'utilisait que du chêne flotté, et on n'avait donc pas d'ennuis avec l'oxydation. En Italie, on utilisait plutôt du noyer et du châtaigner, qui sont des bois moins agressifs. Et malgré ce que disaient les Français, tous leurs orgues ont les pieds et les biseaux en plomb, ce qui ne clarifie pas la question. La plupart du temps, on faisait le biseau en plomb, parce qu'il est plus mou est facile à traiter.

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